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L’histoire de Madagascar

Les origines du peuplement de Madagascar

Un clivage oppose traditionnellement les Merina, vivant dans les Hautes Terres, et les groupes « côtiers » d’origine africaine. Dès l’indépendance, la recherche sur l’histoire du peuplement de Madagascar a été encouragée. S’appuyant sur des données archéologiques et ethnologiques, les chercheurs ont mis en évidence un peuplement simultané de l’île par des populations d’origine malayo-indonésienne et africaine, plusieurs vagues d’immigration se succédant au cours des siècles, depuis le début de notre ère. A savoir que depuis longtemps les recherches des universitaires (Université à Madagascar comme à l’INALCO (institut des langues orientales) à Paris, avec d’éminents chercheurs ethno-paléontologue…) jusqu’à ce jour confirment tous les hypothèses du début. A savoir que l’origine indo-malaisienne d’une grand partie des malgaches en particulier ceux des hauts plateaux est indéniable, de même que des origines bantous et sowali (africaines) de la population côtière est également indéniable.

Ethnies de Madagascar
Les Malayo-Indonésiens apportent le taro, la culture du riz irrigué et la pirogue à balancier, les Africains la culture sur brûlis et le système des classes d’âge. Longtemps, ils vivent en petites principautés séparées et participent au commerce de l’océan Indien par l’intermédiaire des Comores, comme en témoignent des poteries du Xè siècle, trouvées dans le Sud. Le commerce arabo-persan (shirazi) touche les côtes vers la même époque et les Malgaches exportent vers l’Afrique orientale de la vaisselle en chloritoschiste (pierre tendre) produite au nord du pays dans la région de Vohimarina (Vohémar). De petites communautés de marchands musulmans s’établissent également sur les côtes. L’île condense tout ce que l’océan Indien a inventé, qu’il s’agisse des techniques, des structures sociales et des systèmes religieux.

 

 

La colonisation Française

 

En 1500, Diogo Dias, navigateur portugais en route vers les Indes, est le premier Européen à approcher les côtes de Madagascar. Au cours du xviie siècle, les Européens qui ont ouvert en Inde des comptoirs à épices tentent de s’établir sur les côtes malgaches. Quelques comptoirs portugais sont fondés sur le littoral nord-ouest, concurrençant le commerce arabe. Les Français s’installent à la pointe méridionale de l’île en 1642 où ils créent le port de Fort-Dauphin. Louis XIV, afin de prendre de vitesse les Anglais, proclame la souveraineté française sur le territoire malgache, baptisé île Dauphine. La résistance armée des populations locales contraint cependant les Français à évacuer Fort-Dauphin pour l’île Bourbon (actuelle Réunion) en 1674. Au xviiie siècle, alors que pirates anglais et français, chassés de la mer des Antilles, utilisent l’île comme base pour leurs expéditions dans l’océan Indien, une nouvelle tentative de colonisation est menée. Quelques comptoirs commerciaux s’implantent sur la côte est. Mais depuis le xviie siècle, les communautés se sont structurées en entités politiques. Sur le plateau central, les Merinas ont formé un royaume puissant ; sur la côte ouest, les Sakalava, qui ont acquis la maîtrise de la métallurgie du fer, ont entrepris d’unifier sous leur domination les communautés d’éleveurs de zébus. La puissance sakalava est cependant minée par les querelles de succession et bute sur l’opposition des Merinas des Hautes Terres, auxquels les Sakalava doivent finalement se soumettre. Seule subsiste une principauté, qui va résister par la suite à la colonisation française.
L’unificateur du royaume merina et de Madagascar, est Andrianampoinimerina (1745-1810). Il soumet les Betsileo et les Sihanaka des Hautes Terres et organise son royaume en fokolona, unités sociopolitiques constituées à partir des structures traditionnelles. Son fils et successeur Radama Ier cède aux sollicitations des Britanniques, installés sur l’île Maurice et inquiets de voir la France prendre pied sur Madagascar. Des officiers britanniques entraînent les troupes merinas ; les missionnaires britanniques fondent des écoles et introduisent le protestantisme. Doté d’armes modernes et fort de l’appui anglais, Radama poursuit l’unification entreprise par son père. À sa mort, une forte réaction contre la culture européenne commence à naître ; elle sera désormais une constante dans la politique du pays.
Son épouse Ranavalona Ire lui succède en 1828. Elle met fin à la politique de réformes menées par Radama Ier, les missionnaires sont persécutés et les traités avec le Royaume-Uni dénoncés. Les Français en profitent pour revenir dans l’île : le palais de la reine, le Rova de Manjakamiadana, à Antananarivo, est bâti sur l’initiative du négociant Jean Laborde. La rivalité franco-britannique gagne en intensité en 1856, date du retour des Britanniques sur l’île. Les Français, accusés de complot contre la reine, sont expulsés ainsi que les autres étrangers. Leur absence est brève ; Radama II, monté sur le trône en 1862, est assassiné l’année suivante pour avoir encouragé leur implantation. Le pouvoir échoit alors au Premier ministre Rainilaiarivony qui épouse les trois reines successives du pays : Rasoherina, Ranavalona II et Ranavalona III. Il réorganise le pays mais ne peut résister à la pression de la France qui s’est fait attribuer Madagascar au congrès de Berlin en 1885. Elle a donné en contrepartie toute liberté sur Zanzibar à la Grande-Bretagne. L’unité du pays est achevée contre la France. Pourtant, en 1895, une expédition militaire française lancée contre Antananarivo vient à bout de la résistance de la reine Ranavalona III, qui se soumet avant d’être exilée, deux ans plus tard, à la Réunion puis à Alger. La monarchie et la féodalité sont abolies, l’esclavage interdit. Un système de corvées s’y substitue, qui est à son tour supprimé en 1901 pour être remplacé par l’impôt.
En 1896, Madagascar est intégrée à l’empire colonial français. La résistance anticoloniale se poursuit, conduite par une société secrète, la Vy, Vato, Sakelika (fer, pierre, ramification), qui est démantelée en 1916 mais demeure une référence dans la conscience nationale. Les Hautes Terres, favorisées par la douceur du climat, deviennent une colonie de peuplement, où s’établissent de nombreux colons français, tandis que Diégo-Suarez, dans le Nord, devient la plus importante base navale française de la région, protégeant la route de l’Indochine.
En mai 1942, deux ans après la débâcle française face à l’armée allemande, les Britanniques, craignant que le Japon ne s’empare de Madagascar, alors aux mains du gouvernement de Vichy, envoie dans l’île un corps expéditionnaire. En 1943, ils remettent le contrôle de l’île au gouvernement de la France libre.

 

Vers l’indépendance

La période d’après-guerre est marquée par la reprise de l’agitation nationaliste. En 1946, Madagascar obtient le statut de territoire français d’outre-mer et est dotée d’une assemblée élue, aux pouvoirs limités. En mars 1947, les nationalistes organisent un soulèvement armé dans la région orientale. La rébellion n’est réduite qu’au mois d’août, et la répression fait près de 50 000 morts. Le gouvernement colonial multiplie dès lors les efforts pour améliorer l’économie, développant le réseau routier et exploitant plus méthodiquement les gisements de charbon. Toutes les tentatives de réformes politiques se brisent en revanche sur les intérêts coloniaux.
Durant les années 1950, l’autonomie de l’île est renforcée. En 1958, la Constitution de la Ve République française est approuvée par 78 p. 100 de l’électorat malgache et Madagascar devient une république autonome dans le cadre de la Communauté française. Philibert Tsiranana, chef du Parti social-démocrate, en devient le président. Le pays accède à l’indépendance le 26 juin 1960 tout en conservant des relations privilégiées avec la France. En septembre, il est admis au sein de l’Organisation des Nations unies (ONU). Il intègre ensuite l’Organisation de l’unité africaine (OUA).