Appel à projet de l’Organisation Internationale de la Francophonie MahayExpédition©

1° Appel à projet Organisation Internationale de la Francophonie

Programme d’appui auprès de l’association MATOR en partenariat avec la plateforme VAOLO, l’ONG Village Monde et l’O.I. F sur le thème « Le tourisme durable au service de l’autonomisation des femmes et des jeunes en zones rurales à Madagascar »

Dates : 12 Juillet au 01 aout 2021.

Régions : Diana – Boeni – Sofia

Villages impactés : 6

Villageois sensibilisés : 100

  • Bases de formation en tourisme durable.
  • Information sur les moyens et formes de communication.
  • État des besoins en termes d’appui sur le Tourisme Durable, les techniques de guidage, les règles d’hygiène et conseils en restauration et hébergements en milieu rural.
  • Diagnostique de chaque communauté avec activités possibles à développer.

2° Résumé du projet

Ce projet innovant a pour objectif principal d’améliorer et d’augmenter de façon durable l’autonomie des femmes et des jeunes dans les zones rurales de Madagascar grâce à la mise en valeur et la création d’opportunités d’emploi et la croissance de revenu, principalement dans le secteur du tourisme durable. Le positionnement du tourisme (et du voyageur) comme vecteur de développement durable et comme levier économique pour l’autonomisation des femmes, l’avenir des jeunes et le développement des communautés rurales contribuera à l’atteinte des résultats suivants :

1) l’accroissement de la motivation des femmes et des jeunes à intégrer le marché du travail.

2) le renforcement de leurs capacités dans les domaines utiles et accessibles (entrepreneuriat, tourisme durable, commercialisation).

3) l’accroissement des compétences du partenaire local à soutenir le développement touristique dans les régions visées.

4) l’amélioration de l’accès aux ressources financières et non financières des femmes et des jeunes.

3° Mise en contexte

Situé dans l’Océan Indien, l’Ile de Madagascar en Afrique australe fait partie des 5 pays les plus pauvres de la planète. Au niveau de l’Indice de Développement Humain, il est passé du 154e au 158e rang sur 188 pays entre 2014 et 2016 (Banque Mondiale). L’économie insulaire de Madagascar est soumise aux aléas du climat rendant difficile la reprise économique, principalement pour le secteur agricole. Considérant que l’agriculture représente la principale source de revenus pour 83,7 % des Malgaches, et que le revenu moyen par personne est de 508 MGA par jour (0,20 $), cette réalité affecte la précarité de leur avenir et leur capacité à subvenir aux besoins de leur famille (Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, 2007). De plus, les catastrophes naturelles –on en compte en moyenne 3 par année– n’épargnent pas le pays et les changements climatiques entraînent aussi des dégâts au niveau de la production agricole. La population malgache vit principalement en milieu rural. En 2017, c’est près de 65% de la population et dans certaines régions, ce pourcentage monte à près de 80% (Banque Mondiale). Selon le PNUD, le taux de pauvreté des populations urbaines était de 48,5% contre 77,3% pour les populations rurales. Madagascar, particulièrement dans les régions rurales, présente un système de valeurs patriarcales où les femmes sont souvent reléguées au deuxième plan. Moins scolarisées, moins bien nourries, mariées plus jeunes, la situation des femmes malgaches n’a rien de reluisant malgré une croissance constante de l’indice sexospécifique du développement humain (IDSH) qui laisse croire à une amélioration des conditions de vie féminines. Comme dans plusieurs régions, les possibilités offertes aux femmes sont bien moindres que celles offertes aux hommes. Selon le Plan d’Action National Genre et Développement du Gouvernement de Madagascar (2003), au moment d’élaborer ce plan dans le secteur informel, presque la moitié des femmes en emploi gagnaient moins que le salaire minimum en vigueur qui est de 155 000 Ariary (56 $) par mois, alors que pour les hommes, on parle du quart.


Puis, les jeunes de moins de 20 ans représentent 54% de la population malgache. Il est donc important qu’ils deviennent des acteurs de développement économique. Selon les données les plus récentes de l’UNICEF, le taux d’alphabétisation des jeunes hommes et jeunes femmes (15-24 ans) est respectivement de 65.9% et 64%. En milieu rural, 54.4% des femmes sont sans instruction, contre 49.1% des hommes. Le manque d’éducation des femmes a aussi un impact sur leur perception, leur motivation et leur confiance, facteurs qui constituent un frein à leur autonomisation. Selon l’UNESCO, en 2016, on a enregistré à Madagascar un taux de scolarisation au niveau secondaire de 30%. En 2015, 4.81 % des jeunes uniquement ont la possibilité d’arriver à fréquenter les universités à cause du coût des études supérieures et la nécessité urgente de travail. La pauvreté des parents dans les zones rurales constitue la principale cause de la déscolarisation des jeunes en milieu rural. Elle est aggravée par l’insuffisance des offres de formation adéquates, mettant les jeunes en situation de précarité. En effet, ils n’ont aucune compétence professionnelle pour pratiquer un métier, que ce soit en tant que salarié ou à leur propre compte, et ainsi avoir des revenus rentables et durables.


Le tourisme durable représente donc une opportunité pouvant répondre adéquatement non seulement aux besoins de diversification économique des régions rurales principalement agricoles, mais aussi d’opportunités de revenus complémentaires pour les femmes et les jeunes dans le secteur formel. Il ne fait plus de doute aujourd’hui que le tourisme durable contribue à diversifier l’économie des zones rurales en les rendant entre autres résilientes aux catastrophes naturelles et aux changements climatiques. Il s’agit en plus d’un secteur où les femmes et les jeunes peuvent être intégrés, de par la nature et la diversité des métiers y étant reliés. Le tourisme est en effet l’une des rares industries où les compétences acquises au quotidien peuvent être appliquées et utilisées dans l’économie formelle. Mentionnons par exemple l’accueil, l’entretien, la cuisine, la gestion, etc.
Le projet se déroulera dans les zones rurales de 3 régions : Diana, Sofia et Vatovavy-Fitovinany. Le choix de ces régions s’est fait en fonction des zones d’intervention du partenaire MATOR, où il sera plus pertinent et efficace d’agir. Il s’agit également de régions où le potentiel touristique est bien présent, mais développé et exploité à différents niveaux, et pas toujours optimisé. Le besoin et l’importance de mettre sur pied un réseau connecté dans ces régions vient de la nécessité de donner davantage de pouvoir à chacune des initiatives. Le réseau créé formera un ensemble cohérent qui aura beaucoup plus de visibilité sur le marché international du tourisme et assurera une meilleure viabilité de l’activité touristique.