27 Janvier

Découverte du Canal des Pangalanes en famille

Mahay Expédition

Sommaire

  1. Présentation
  2. Histoire
  3. Économie liées au Canal des Pangalanes
  4. Biodiversité
  5. L’ethnie Betsimisaraka
  6. Voyages découverte du canal des Pangalanes en famille

1° Présentation

L’origine étymologique du nom de Pangalanes vient du mot malgache “Ampangalana” qui signifie “reliant deux points d’eau ensemble”. Ce terme a subit quelques modifications au cours du temps pour s’officialiser en “Pangalanes“.

Voyager sur le canal des Pangalanes à Madagascar

Ce mot a également une origine Indonésienne plus ancienne : « pangkalan » qui signifie « canal intérieur ».

L’idée était de relier entre eux lacs et lagunes parallèles à la mer, afin de réaliser une voie navigable permettant l’ouverture économique de la région. Et de pallier ainsi aux insuffisances du réseau routier et aux dangers du cabotage côtier sur le tumultueux Océan Indien.

Voie navigable artificielle parmi les plus longues du globe, le canal des Pangalanes totalise 665 kilomètres de longueur. Il relie les villes de Tamatave située au Nord à celle de Farafangana située au Sud. Tout du long, un banc de sable de plusieurs centaines de mètres le sépare de l’Océan Indien.

Le Canal des Pangalanes à Madagascar vue du ciel

Sur son trajet, il traverse 18 lagunes naturelles et dépend en partie de l’apport en eau de 10 grandes rivières.

2° Histoire

a- L’origine

Dès 1787, l’explorateur français Lassale avait compris l’intérêt de faire relier entre eux lacs et lagunes parallèles à la mer. Le but était de réaliser une voie navigable permettant l’ouverture économique de la région. Après un premier essai infructueux sous l’ère du roi Radama 1er, la France pris le projet très au sérieux sous la volonté du général Galliéni. Cela permis de pouvoir exercer un contrôle administratif et militaire sur toute la côte Est malgache et de désenclaver celle-ci. Les épices telles que girofle, café, vanille, poivre, cannelle et autre fruits exotiques pouvaient être convoyées vers la ports commerciaux.

b- Le début des travaux

Travaux creusement du canal des Pangalanes à Madagascar

En 1896, les travaux du creusement du Canal débutèrent donc sous la responsabilité de divers ingénieurs en place. D’innombrables ouvriers malgaches furent contraints de creuser un passage au milieu de ce dédale hostile de marais saumâtres et de lagunes.

c- La fin des travaux

La jonction a eu lieu en 1901 entre les équipes du Nord et du Sud suivi rapidement par l’ouverture à la navigation pour les bateaux à faible tirant d’eau. Le gigantesque chantier du Canal se poursuivit ensuite vers le Sud pour atteindre Vatomandry en 1915 et se terminer à Manakara en 1949.

d- Les victimes

Plus d’un demi-siècle aura été nécessaire pour vaincre les 665km de marais et de sable séparant lacs et lagunes. Mais cette victoire se fit aussi au prix de vies de milliers de travailleurs ayant péri au cours de ces décennies dans d’horribles conditions. Fièvres mortelles causées par la paludisme, blessures aggravantes et non soignées et attaques de crocodiles en furent principalement les causes.

3° Économie et Canal des Pangalanes

a- Pendant la colonisation

Le canal a facilité le transport de diverses marchandises à destination des grandes villes comme Tamatave et Manakara. Il n’en reste pas moins que celui-ci contribue également à la survie des centaines de villages disséminés de part et d’autres des 665km de berges du Canal.

b- Après l’indépendance

Après l’indépendance, son état se dégrada rapidement par manque de moyens financiers pour l’entretenir. La navigation fut progressivement interrompue du fait des nombreux problèmes d’envasement et d’ensablement. De ce fait, certaines plantations de vanille et de café durent migrer.

c- Aujourd’hui

Grace à une réhabilitation partielle entrepris par l’Institut Malgache au début des années 80, le Canal fut ré-ouvert en 1984.

Essentiellement parcouru par de nombreuses pirogues de pêcheurs, celui-ci a vu depuis quelques années l’arrivée massive de pirogue de contrebande transportant des cargaisons de bois et de charbons illicites.

Bateaux de contrebande sur le canal des Pangalanes à Madagascar

Le transport de personnes a pris également son essor à travers des convois de chaland en plus ou moins bon état et plus ou moins chargés! Effectivement, le transport fluvial reste le moyen le plus utilisé pour se déplacer et pour évacuer les ressources comme les produits de la pêche.

A cela se rajoute les prémices d’un début de développement touristique dont vous nous proposons quelques exemples en fin d’article.

4° La biodiversité du canal des Pangalanes

a- Les zones humides

Les zones humides (ou hydrosystèmes) du Canal des Pangalanes, bien qu’ayant été en partie façonnées par l’homme, étaient à l’origine un complexe littoral lagunaire naturel échangeant avec la mer par de nombreuses zones d’embouchures et nappes phréatiques. Ce type d’échanges explique le caractère saumâtre (eau douce – eau salée) prononcé du Canal, qui tend cependant à diminuer avec la fermeture actuelle des embouchures.

L’Océan Indien façonne le substrat de ces hydrosystèmes (dunes sableuses composées de sédiments d’origine marine) ainsi que leur relief (200 mètres d’altitude maximale). Ainsi un faisceau de crêtes de plages littorales mortes suit le rivage actuel à peu près parallèlement. Ces cordons sablonneux débutent au niveau du talus bordant la plage, puis décroissent en altitude vers l’intérieur.

Les crêtes, constituées d’un sable berge pouvant prendre une couleur jaunâtre par endroits, sont colonisées par des forêts naturelles littorales, comme la forêt de Vohibola, qui contribuent à stabiliser ces cordons. Entre ces crêtes, de petites rivières et lacs se sont installés.

b- La faune

De nombreuses sections du Canal et des es alentours abritent une biodiversité riche et variée et représentent des sanctuaires qu’il nous faut protéger. Plus de 60 espèces de poissons ainsi que toute une kyrielle d’oiseaux aquatiques et forestiers.

Caméléon de la forêt de Vohibola à Madagascar

Certains d’entre eux, comme quelques caméléons ou le Tantale Ibis, l’aigrette ardoisée, l’ombrette africaine, le dendrocygne veuf ou le canard à bosse doivent être protégés. N’oublions pas le crocodile du Nil encore présent dans les parties retirées et marécageuses du Canal ou le Boa Madagascariensis.

d- La flore

La nephentes de madagascar dans la forêt de Vohibola

Qu’elles soient exotiques, pantropicales ou endémiques, les plantes aquatiques ou semi aquatiques, jouent un rôle fondamental pour les écosystèmes humides et les communautés animales qui les peuplent : elles maintiennent les sols et les berges (cas du niaouli), et servent souvent de refuge pour les petits animaux en les cachant des prédateurs (petits crocodiles, alevins). Diverses plantes aquatiques sont utilisées en outre pour les activités humaines, comme la médecine, l’artisanat, l’agriculture, l’élevage ou encore l’aquariophilie. Quelques espèces parmi tant d’autres ne manquent pas d’intérêt : Népenthès de Madagascar, jacinthe d’eau, callophyllum, pandanus ou encore niaouli. Les savoir-faire traditionnels sur les plantes médicinales locales sont essentiels et font partie de l’éducation des enfants du village. L’automédication est une évidence, un réflexe ; lorsqu’elle ne suffit plus, c’est au guérisseur du village que l’on fait appel. Et en dernier recours les porteurs de maladies graves ou inconnues sont emmenés chez un médecin en ville. Ces connaissances sur les maladies, leurs symptômes et les plantes capables d’y remédier ont été accumulées au cours des siècles, transmises de génération en génération.

c- La forêt de Vohibola

La forêt de Vohibola est l’une des dernières forêts littorales de Madagascar. Elle abrite des espèces uniques, qu’on ne trouve plus que dans ce petit bloc forestier qui réussi à survivre malgré des pressions très fortes de surexploitation des ressources naturelles.

Visite de la fortêt de Vohibola située sur le Canal des Pangalanes à Madagascar

Cette forêt littorale de 2200 ha située sur la Côte Est de Madagascar constitue l’un des derniers fragments au monde de ce type d’écosystème et abrite une biodiversité faunistique et floristique tout à fait unique et menacée : 8 espèces menacées d’extinction immédiate dont 4 ne se situant plus qu’à Vohibola, des dizaines d’autres espèces menacées, 7 espèces de lémuriens et 38 espèces d’amphibiens et reptiles dont le crocodile du Nil et une nouvelle espèce de caméléon, 443 espèces végétales à 80% endémique.

Mais si la biodiversité du site est indéniable, elle n’est pas moins menacée par la présence d’espèces invasives exotiques figurant parmi les pestes végétales les plus nuisibles au monde, par la disparition quasi-totale des forêts alentour et convoitée ainsi par les exploitants de bois et d’espèces de toute la région.

Association Razana Vohibola à Madagascar

L’association Razan’ny Vohibola, portée par Angélique et Stéphane, a pour but d’aider les villageois environnants à protéger la forêt de Vohibola. De nombreuses opérations ont été menées en concertation avec les 4 villages de la zone : brigade forestière, pépinières, aide à l’éducation, aide alimentaire et humanitaire.

Réapprenons à respecter la terre en observant attentivement les lois de réciprocité de la nature. Ici les villageois ont su conserver cette communion avec les différents règnes et énergie de la terre : le minéral, le végétal, l’animal et l’humain, mais aussi avec les énergies célestes. La conception de la terre comme force nourricière trouve d’ailleurs sa source dans le culte de la terre-mère.

Angélique Descamps : association Razan’ny Vohibola

5° L’ethnie Betsimisaraka

village à côté de la foret de Vohibola à Madagascar

Peuple de Madagascar occupant la majeure partie du littoral Est de l’île. Ils vivent dans la région de Tamatave sur la plaine côtière qui s’étend, de Sambava au Nord, à Mananjary au Sud. Il s’agit de la deuxième “ethnie” de Madagascar par son nombre (à peu près 15% de la population).

Il serait plus précis de dire “populations régionales”. Des groupements de populations qui correspondent à des formations politiques princières d’autrefois.

Découvrez notre article traitant de ce sujet : Lien article

6° Voyages en famille dans l’Est de Madagascar

Quel plaisir de naviguer le long de ces canaux calmes et ombragés, entrecoupés de plans d’eau et jalonnés de nasses à l’ancienne. Nos voyageurs peuvent ainsi apprécier leurs beautés et leurs richesses. Les villages de pêcheurs rustiques où s’alignent les pirogues offre un aperçu de la vie locale répartie entre Océan Indien et Canal.

a- A la découverte de l’Est et de l’Ile de Sainte Marie

observez les lémuriens au cours de ce voyage proposé dans l'Est de Madagascar

Des Hautes Terres de Madagascar à l’Ile de Sainte-Marie, ce voyage dans l’Est est riche et variée. Adapté à un large public, dont les familles, il surprend par sa diversité tant en terme de rencontres que de sites visités. Faune, flore, histoire, religion, culture, vie quotidienne et plages de Sainte-Marie sont autant d’atouts pour séduire nos voyageurs.

Retrouvez le descriptif du séjour dans ce lien

b- Voyage solidaire dans l’Est de Madagascar

Découvrez l'Est de Madagascar et l'Ile de Sainte Marie dans ce voyage solidaire

Ce voyage solidaire programmé dans l’Est de Madagascar est une immersion peu commune. Nos voyageurs rencontrent et échanges avec de nombreux malgaches d’origines ethniques et sociales différentes. Un voyage riche de sens que peu d’étrangers sont à même d’oublier à leur retour. Vous partagez le quotidien de ces familles en toute simplicité et humilité.

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c- Le Sud Est de Madagascar et le Canal des Pangalanes

Ce sont trois voyages en un que nous vous proposons dans ce séjour aux milles couleurs. Trois régions géographiques et plusieurs ethnies composent ce merveilleux séjour en terre malgache. La campagne des Hautes Terres et les forêts de l’Est et leurs lémuriens dans un premier temps. Puis le Canal des Pangalanes et des travaux solidaires dans un village reculé. Le final le long de la Route Nationale 7 fini en beauté ce parcours.

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d- Trekking solidaire en famille dans l’Est de Madagascar

randonnée solidaire à Madagascar

Découvrez les paysages de l’Est malgache au rythme de la randonnée. 5 sites de trekking différents sont proposés aux marcheurs au cours de voyage à Madagascar. Le parcours réalisé autour du Canal des Pangalanes embarque nos voyageurs à la rencontre des villages alentours. Des parcours solidaires en rapport aux rencontres et activités proposées en adéquation avec nos valeurs.

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